3. Serviteurs du Royaume

Publié le 7 Janvier 2013

 

CHAPITRE III

SERVITEURS DU ROYAUME


" Qui de vous, s'il a un serviteur qui laboure ou fait paître les troupeaux,
lui dira quand il revient des champs :
Viens tout de suite te mettre à table ?

Ne lui dira-t-il pas au contraire :
Prépare-moi le repas, mets-toi en tenue pour me servir,
jusqu'à ce que j'aie mangé et bu ; après cela, toi, tu mangeras et boiras.
Aura-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur parce qu'il a fait ce qui lui était ordonné ? "

Luc 17, 7-9

Nous avons discuté de ce qu'est un seigneur. Maintenant, nous allons voir ce qu'est un serviteur.

 

Jésus, dans le texte ci-dessus, s'adresse à des gens qui sont pleinement conscients du sens du mot esclave. C'est là le mot employé dans le texte original. Nous n'avons plus de telles personnes aujourd'hui ; le plus proche équivalent serait un serviteur ou une bonne - qui travaille pour un salaire, a un contrat clair établi d'avance et est syndiqué.

Mais un serviteur au premier siècle était un véritable esclave, c'est-à-dire une personne qui avait tout perdu dans ce monde. Sa liberté, sa volonté, même son nom avait disparu. On l'avait vendu au marché comme un animal. On avait accroché un prix autour de son cou et des acquéreurs avaient marchandé pour l'avoir. Enfin quelqu'un l'avait acheté, ramené à la maison et avait percé son oreille pour qu'il puisse y porter un anneau au nom de son maître. Il avait ainsi perdu son nom ; il n'était plus Jean ou Pierre, mais l'esclave de M. Giraud ou de M. Brun. Il ne recevait aucune paye pour son travail. Il avait perdu toute liberté.

Si son propriétaire lui disait : " Tu vas te lever à six heures ", il se levait à six heures. Si son propriétaire disait quatre heures, c'était quatre heures. Si son propriétaire voulait que quelque chose soit fait à minuit, l'esclave devait obtempérer. Il était esclave. Plus de liberté. Plus de choix. Rien.

Alors quand Jésus a raconté Sa petite histoire du maître qui invite son esclave à manger d'abord, les disciples ont bien ri. Personne ne pouvait imaginer une telle éventualité. Il fallait que l'esclave serve son maître d'abord - toujours. Il devait se laver, changer d'habits, préparer le repas, le servir, et puis, seulement après que le maître ait mangé et se soit couché, a-t-il le droit de penser un peu à lui et manger les restes.

 

Quand Jésus dit,

 

" Aura-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur parce qu'il fait ce qui lui était ordonné ? " 

 

ses auditeurs s'exclament,

" Bien sûr que non ! "

Jésus alors de conclure :

" Vous de même,
quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné dites :
Nous sommes des serviteurs inutiles,
nous avons fait ce que nous devions faire "

Luc 17, 10


Il se peut que nous n'aimions pas nous l'entendre dire, mais c'est vrai : Nous sommes les esclaves de Jésus-Christ. Nous avons été rachetés par le Seigneur. Paul avait parfaitement compris cela, quand il écrivait,

 

" En effet, nul de nous ne vit pour lui-même.
Car si nous vivons,

nous vivons pour le Seigneur ;
et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur.
Soit que
nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur.
Car Christ est mort et Il est
revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants."

Romains 14, 7-9


Nous avons tellement souvent entendu dire que Jésus est mort pour nos péchés. Mais ce n'est qu'un aspect de la question. La raison pour laquelle Jésus est mort et ressuscité, dit Paul, était qu'il devienne le Seigneur de nous tous qui sommes esclaves.

Il l'explique magnifiquement en 2 Corinthiens 5, 15 :

" Il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes,
mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux."


Nous avons donc été achetés à grand prix. Voila pourquoi dans le Nouveau Testament on trouve si souvent des expressions du genre :

" Paul, serviteur de Jésus-Christ..."

" Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ...",

 


" Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ..."


Jusqu'à Marie qui se dit

 " la servante (littéralement : l'esclave) du Seigneur "

Luc 1, 38

Nous étions perdus avant d'être trouvés par notre propriétaire. Nous étions destinés à la damnation éternelle.

 

Mais écoutez une autre vérité : Nous sommes encore perdus. Jadis, nous étions perdus dans le péché, entre les mains de Satan. Maintenant, nous sommes perdus dans les mains de Jésus. Nombreux sont ceux qui pensent que le salut c'est de recevoir la liberté.

" Oh, Gloire à Dieu, désormais je suis libre, libre, libre ! "

Eh bien, pas tout à fait.


" Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice "

Romains 6, 18

Voyez-vous, il y a deux maîtres dans ce monde, et chacun a un royaume. Nous sommes nés dans le royaume des ténèbres. Nous étions des citoyens naturels du royaume de l'égoïsme. C'est un endroit où chacun fait ce qu'il veut. C'est ainsi que Satan mène son royaume. Paul le décrit bien quand il dit que


" nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles,
nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées "

Éphésiens 2, 3


Nous vivions comme nous voulions. Nous faisions ce qui nous plaisait. Qu'est-ce que cela changeait ?

 

Le royaume des ténèbres est comme un bateau naufragé en train de couler et dont le capitaine, sachant que son navire est perdu, irait voir les passagers en leur disant :

" Écoutez, ceux qui voyagent en seconde classe peuvent aller en première ; vous êtes libres de faire ce que vous voulez. Ceux qui veulent boire n'ont qu'à se servir au bar. Si vous voulez jouer au foot dans la salle à manger, libre à vous. Si vous cassez les lustres, ça ne fait rien. "

Les passagers diront,

" Qu'est-ce qu'il est gentil notre capitaine ! On peut faire ce qu'on veut sur ce bateau. "

Mais ils seront tous morts quelques instants après.

 

Au royaume des ténèbres, vous pouvez avoir toutes les drogues, toute la sensualité et toute la tricherie que vous voulez. Cela ne changera rien au fait que vous êtes perdu. Vous pensez être le roi. Vous êtes conduit par l'esprit égoïste de votre royaume. Mais ce n'est qu'une question de temps.

 

Qu'est-ce que le salut ? C'est être

" délivré du pouvoir des ténèbres et...
transporté dans le Royaume de son Fils bien-aimé "

 

Colossiens 1, 13

Ce n'est pas se débarrasser totalement des royaumes. C'est passer de la souveraineté de Satan à la Souveraineté de Jésus-Christ.

 

Dans ce nouveau Royaume, vous ne pouvez pas faire tout ce qui vous plaît. Vous faites partie du Royaume de Dieu. C'est lui le Roi. C'est lui qui règne. Nous conformons notre vie à Ses désirs et souhaits.

 

Il y en a qui croient que les signes distinctifs du Royaume de Dieu sont le fait de ne pas fumer, de ne pas boire et de ne pas aller au cinéma. C'est bien plus profond que cela. Au Royaume de Dieu, nous faisons tout ce que Dieu dit. C'est Lui le Seigneur du Royaume.

 

Le témoignage de ceux qui sont passés de la mort à la vie, d'un royaume à l'autre, est celui-ci :

"Avant de rencontrer Jésus, je dirigeais ma propre vie.
Mais depuis que je L'ai rencontré, c'est
Lui qui y règne."

Certains voudraient que les choses ne soient pas si tranchées. Ils vivent et pensent comme s'il y avait trois chemins, et non pas deux.

Le chemin large est pour les pécheurs qui vont en enfer.

Le chemin étroit est pour les pasteurs et les missionnaires.

Et puis il y a un chemin ni trop large, ni trop étroit - un chemin du milieu pour tous les autres croyants. Bien sûr, vous ne trouverez pas cela dans un livre de doctrine. Mais cela figure en bonne place dans le livre de la réalité quotidienne de tout un chacun.

 

Ce chemin du milieu est une invention de l'homme, car, soit nous sommes dans le royaume des ténèbres en train de faire notre propre volonté, soit nous sommes dans le Royaume de Dieu en train de faire Sa Volonté. Il n'y a pas de milieu. A vrai dire, il est même assez difficile de passer d'un royaume à l'autre. Il n'y a ni passeport, ni visa. Nous sommes esclaves de notre péché. Nous ne pouvons pas simplement nous en aller comme ça - aucun esclave ne peut le faire. Le seul moyen pour sortir de l'esclavage est de mourir ! Pourquoi les esclaves américains chantaient-ils tant le ciel ? C'était leur seul espoir de liberté !  

Il en est de même pour nous : ce n'est qu'en mourant que nous pouvons être libérés du péché.

 

Mais il y a un autre problème : le Royaume de Dieu n'accepte pas de citoyens naturalisés. Il faut naître dans ce Royaume. Imaginons que les lois françaises soient conçues de la même manière. Voilà que je me présente au bureau de l'immigration et je dis,

" Je veux devenir français. "

" Où êtes-vous né ? " me répondrait-on.

" A Buenos Aires, en Argentine. "

"Alors vous ne pouvez pas devenir français ", m'expliquerait-on, " car ne sont français que ceux qui sont nés sur le territoire français."

" Mais Monsieur, je tiens beaucoup à devenir français. "

" Mais, je viens de vous dire que le seul moyen d'être français est de naître sur le territoire de la République Française. "

" Mais comment est-ce que je peux faire pour cela, Monsieur ? Je veux devenir français ! "

" Alors, la seule chose que vous pourriez faire serait de mourir, puis renaître en tâchant de le faire en France cette fois-ci. C'est tout ce que je peux vous dire. Nous n'acceptons pas de visiteurs, n'accordons plus aucun permis de séjour. Il faut être né ici. "

 

Alors comment un homme peut-il changer de citoyenneté, en passant du royaume des ténèbres au Royaume de Dieu ?

Jésus a apporté la Solution. Sa mort sur la croix et Sa résurrection signifient en fait ceci : tout esclave qui regarde à la croix avec foi est autorisé à compter cette mort-là comme la sienne. Il meurt ; Satan le perd.

Puis vient la résurrection. Par elle, nous sommes transférés dans le nouveau Royaume. C'est un élément aussi important que la croix. Nous mourons à un roi et naissons sous le règne d'un autre.

 

C'est là tout le sens du baptême. Pendant longtemps, j'ai baptisé des gens, mais ce n'était qu'une cérémonie pour moi. Même une belle cérémonie - il y avait des photographes, nous avions de belles robes, la chorale chantait dans le fond ; ce n'était pas mal comme spectacle.

 

C'était avant que Dieu ne commence à nous renouveler. Aujourd'hui nous comprenons que le baptême a un sens. Il doit être fait tout de suite, dès que la personne commence à vivre dans le nouveau Royaume. Il m'importe relativement peu de savoir si c'est par immersion ou autrement - la Bible n'est pas aussi explicite là-dessus qu'elle ne l'est sur, disons, le fait de s'aimer les uns les autres (et cela on ne le fait pas ! ) Mais l'immersion illustre néanmoins clairement ce processus de mort et de résurrection. Nous plongeons la personne dans l'eau, mais nous ne l'y laissons pas. Nous la relevons.

 

Ce n'est pas une idée à nous, ni même aux apôtres. Le baptême est effectué " au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. "

En Argentine, nous employons parfois la formule baptismale suivante :

" Je te tue au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, et je te fais naître dans le Royaume de Dieu afin que tu Le serves et que tu fasses Son bon plaisir. " C'est différent, mais cela a le mérite d'être clair.

 

Certains pensent que le salut ne vient que par le baptême ; d'autres disent que c'est par la foi seule. Mais les apôtres disaient

" Repentez-vous et soyez baptisés ! "

 

Les deux.

Ils ne disaient pas,

" Celui qui croit et qui est sauvé, sera baptisé après quelques mois."

Ils disaient que le baptême a une signification dans le salut. Quelle est cette signification ?

 

C'est comme un billet de 50 francs. Le billet a deux valeurs : une valeur intrinsèque, c'est-à-dire la valeur du papier et de l'encre - ce qui n'est pas beaucoup. Avec une pièce de 1 franc on pourrait acheter un morceau de papier bien plus grand, et avec un peu d'encre on pourrait imprimer une grande quantité de billets. Mais ce billet a une autre valeur, différente et bien plus grande, parce qu'il est garanti par les réserves de la Banque de France. Vous emmenez ce bout de papier au supermarché et en retour on vous donne beaucoup de choses (disons, au moins quelque chose).

 

Ainsi en est-il du baptême. L'eau, la cérémonie en elle-même n'est pas grand-chose. Mais la cérémonie est garantie par ce que Jésus a accompli sur la croix et au tombeau, et cela confère une valeur extraordinaire au baptême. Celui-ci rappelle à celui qui se fait baptiser qu'il est en train de passer de la mort à la vie. Voila pourquoi il faut que cet acte ait lieu au moment où l'on passe d'un royaume à l'autre.

 

Ce n'est pas moi qui ai inventé cela. L'église primitive ne baptisait pas les gens le lendemain de leur conversion. Ils n'attendaient même pas la réunion du soir. Si quelqu'un était sauvé le matin, il était baptisé le matin-même. S'il était sauvé au milieu de la nuit, comme ce fut le cas du geôlier de Philippes en Actes 16, il était baptisé au milieu de la nuit.

 

En Argentine, donc, nous n'assurons pas quelqu'un de son salut tant qu'il n'est pas baptisé, non pas à cause du baptême, mais à cause de l'obéissance. Si une personne dit, " Je crois " , mais ne veut pas accepter le baptême, nous nous permettons des doutes quant à sa volonté d'engagement envers le nouveau Royaume. Parce que le salut n'est rien d'autre qu'une question d'obéissance.

 

Si nous ne sommes pas a proximité d'une rivière, d'un étang ou d'une piscine, ce n'est pas un problème - nous baptisons la personne chez elle, dans sa propre baignoire. Nous baptisons le mari, la femme, les enfants, tous dans la même baignoire, et c'est même plus pratique qu'à l'église, puisque c'est déjà chauffé et que l'on a les serviettes de toilette et tout le reste sous la main !  Et en plus, vous pouvez même prendre une tasse de café avec les nouveaux baptisés après.

 

Ainsi, le baptême est une magnifique leçon de choses. Si nous le pratiquons au bon moment, les gens comprennent bien mieux ce qu'ils font. Ils sont en train de fuir les ténèbres et vont naître dans le Royaume de Dieu.

 

Rédigé par Le Ministère de l'Allliance

Publié dans #Le Royaume de Dieu

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